Pourquoi raconter des histoires de l'esclavage ? A partir de quelles traces, souvent occultées effacées ? Comment réinscrire, dans notre histoire, les trajectoires individuelles de tous ceux qui ont subi et subissent encore l’esclavage ?

L'île déserte de Tromelin, au cœur de l'océan Indien, et la «Vallée secrète», au creux d'un massif montagneux sur l'île de La Réunion, ont un point commun : ces lieux particulièrement inhospitaliers ont abrité des esclaves en lutte. Livrés à leur sort suite à un naufrage dans le premier cas, en fuite dans le second.

Ces sites incarnent aujourd'hui une nouvelle manière d'aborder l'histoire de l'esclavage, longtemps restée celle des esclavagistes et de leurs exploitations. Depuis le début du XXIème siècle, archéologues et historiens se penchent sur les trajectoires individuelles des hommes et des femmes qui se cachent derrière le mot «esclaves».

Comment les réinscrire dans une histoire qui les a exclus, faute de traces ?

A l'occasion de la Journée de commémoration de l'esclavage en France, le 10 mai, entretiens avecMax Guérout et Thomas Romon, archéologues sur l'île de Tromelin.

  • Anne-Laure Dijoux, archéologue et docteur en archéologie sur l'île de La Réunion- Henriette Yague, doctorante sénégalaise au sein de l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Et les historiensMyriam Cottiaset Antonio de Almeida Mendes, chercheurs au sein duCentre international de recherches sur les esclavages (CIRESC).

→ Exposition au Musée de l'Homme, Tromelin, l'île des esclaves oubliés jusqu'au 3 juin 2019.